Handicap Migrants

Il fuit la Syrie en fauteuil roulant

Abou Fahed, syrien amputé des deux jambes dans un bombardement en Syrie, traverse les Balkans en FAUTEUIL ROULANT pour rejoindre l'Europe, le 29 août 2015 près de Guevgueliya en Macédoine Photo ARIS MESSINIS. AFP
Abou Fahed, syrien amputé des deux jambes dans un bombardement en Syrie, traverse les Balkans en FAUTEUIL ROULANT pour rejoindre l'Europe, le 29 août 2015 près de Guevgueliya en Macédoine Photo ARIS MESSINIS. AFP
Rencontré par l'Agence France Presse en Grèce, Abou Fahed un jeune Syrien de 25 ans a été amputé des deux jambes suite à des bombardements survenus dans son pays. Après 4 ans d'une guerre dévastatrice, il s'est décidé à rejoindre l'Europe sur son fauteuil roulant pour fuir ce cauchemar dont il est l'une des nombreuses victimes.

En 2014 déjà, l'association Handicap International publiait un chiffre indiquant qu'un blessé par explosion sur quatre devait être amputé en raison de la déterioration des structures de soins.

Interrogé par l'AFP, Abou Fahed s'explique: "J'aurais pu sauver mes jambes si j'avais été soigné à temps. Mais les forces syriennes m'ont gardé en détention une semaine et m'ont amputé."
Survenue au cours de l'été 2013 dans une ville proche de Damas tenue par des rebelles, cette explosion a changé la vie d'Abou Fahed, qui était alors coiffeur.

Sur son fauteuil roulant , il s'apprête à rejoindre la Macédoine dans le but de gagner l'Europe du Nord. Son rêve, obtenir des soins : "Je veux gagner un pays où je pourrai avoir une vraie prothèse et suivre une rééducation."

Aidé d'autres migrants valides, notamment pour traverser des routes accidentées, boueuses, ou des zones difficiles, il se rapproche petit à petit de son but et déclare: "Sans mes amis, je ne serais jamais arrivé jusqu'ici." 

Cependant, malgré  le soutien du Forum Européen des Personnes Handicapées qui condamne le manque d'humanité dans le traîtement des migrants depuis jeudi dernier, Abou Fahed et ses compagnons de voyage doivent le plus souvent patienter pendant des heures aux frontières pour passer d'un état à un autre et ne sont que rarement aidés par les autorités locales dans leur périple.
 

Dans cette guerre qui a déjà dépassé la limite du million de blessés au début de l'année 2015, le jeune homme fait partie des 250,000 d'entre eux contraints d'être amputés, ce qui correspond à peu de choses près au nombre de morts depuis le début du conflit en 2011.







Une journée spéciale migrants est prévue sur Vivre FM le 18 septembre 2015