Athlétisme

Les lames handisport interdites dans les compétitions d'athlétisme valides

Aux Jeux Olympiques de Londres, l'équipe d'Afrique du Sud comptait un coureur handicapé: Pistorius
Aux Jeux Olympiques de Londres, l'équipe d'Afrique du Sud comptait un coureur handicapé: Pistorius
L'IAAF décide d'interdire l'usage des prothèses (lames) pour les compétitions des valides. Alors qu'ont lieu les championnats du monde d'athlétisme, la fédération internationale, qui avait accepté la présence de coureurs équipes de lames de carbone dans les compétitions considère aujourd'hui qu'il s'agit d'un avantage pour les sportifs handicapés.

Sa présence dans l'équipe nationale d'Afrique du Sud à Londres en 2012 avait créé l'évènement. Oscar Pistorius avait pris part au relai 4X100m avec les athlètes valides de la délégation sud-africaine. L'image de ses lames de carbone, qui lui ont valu le surnom de "blade runer", avait frappé les spectateurs des JO. L'inclusion des champions handicapés au plus haut niveau chez les valides semblait alors être définitivement acquise. Mais aujourd’hui, le Conseil de l’IAAF revient sur cette possibilité et interdit les lames. La fédération explique qu’il s’agit « d’une règle technique de la compétition » et souhaite que les « athlètes avec prothèse participent à leurs propres compétitions ».

Déjà interdit en 2008

Dès janvier 2008, la fédération avait considéré que les prothèses de Pistorius étaient des avantages pour la compétition et lui avait interdit la participation au JO. Le champion avait immédiatement fait appel de la décision devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) et fait effectuer d’autres mesures par des experts américains. Il obtient gain de cause, mais de parvient pas à se qualifier à 70 centièmes de secondes près pour Pékin. Il ira finalement au JO de Londres quatre ans plus tard et participera au 4X400m de l’Afrique du Sud.

Les athlètes avec lame peuvent faire appel devant le TAS

La décision de l’IAAF reprend donc celle de 2008 et réaffirme aujourd’hui que les prothèses peuvent constituer un avantage pour les coureurs handicapés. Cette décision prendra effet à partir de novembre prochain et peut toujours être contestée devant le TAS.

Oscar Pistorius est loin des stades aujourd’hui depuis sa condamnation en 2014 pour le meurtre de sa petite amie, il est hors jeu depuis les faits en 2013. Le champion de saut en longueur allemand Markus Rehm, amputé de la jambe droite, a indiqué en Juillet que, pour sa part, il ne souhaitait pas être classés dans les compétitions avec les valides. Il ne contestera donc sans doute pas la décision de l’IAAF.

Mais qui a aujourd’hui la puissance médiatique et financière du Pistorius d'autrefois pour faire appel devant l'IAAF ? Pas grand monde, les lames semblent donc définitivement interdites de compétitions valides.