Cinéma Dépression

"Dans la cour" : le film sur la dépression qui séduit les critiques

Catherine Deneuve et Gustave Kervern, interprètes du film de Pierre Salvadori "Dans la cour"
Catherine Deneuve et Gustave Kervern, interprètes du film de Pierre Salvadori "Dans la cour"

"Dans la cour", le 8ème film de Pierre Salvadori, est dans les salles depuis le mercredi 23 avril. Ce long-métrage présente la rencontre entre deux personnages en pleine déprime, interprétées par Catherine Deneuve et Gustave Kervern. Les critiques saluent la performance des comédiens sur un sujet difficile.

Antoine est musicien. A 40 ans, il décide brusquement de mettre fin à sa carrière. Après quelques jours d'errance, il se fait embaucher comme concierge à Paris.

 

Jeune retraitée, Mathilde découvre une inquiètante fissure sur le mur de son salon. Peu à peu, son angoisse grandit pour se transformer en panique, et si l'immeuble s'effondrait...

 

Tout doucement, Antoine se prend d'amitié pour cette femme qu'il craint de voir sombrer vers la folie. Entre dérapage et inquiètudes, tous deux forment un tandem maladroit, drolatique et solidaire qui les aidera, peut-être, à traverser cette mauvaise passe.

 

"Dans la cour" n'est pas le premier film de Pierre Salvadori sur la dépression.  En 1995, le réalisateur avait déjà mis en scène 2 personnages fragiles dans les "Apprentis". Ce thème tient à coeur au cinéaste. Dans une interview accordée à France-Inter, Pierre Salvadori a fait part de l'épisode de dépression grave qu'il a connu entre 22 et 24 ans.

 

Son nouveau long métrage, en salle depuis le mercredi 23 avril, n'a pas laissé indifférent les critiques.

 

"beauté aérienne, funambule, irradiante"

Romain Blondeau salue dans les Inrocks une création drôle et alerte sur des sujets pourtant peu propices à l'humour, "le film ne cède jamais au pathos ou aux émotions faciles sur ce sujet de la dépression et de la solitude". Le journaliste invente même pour l'occasion un nouveau genre cinématographique : la mélancomédie.

 

Nicolas Schaller, sur le site du Nouvel Obs, conteste le côté alerte, attribué au film par son confrère. "-Dans la cour- a la mine terne-par moments, -on se croirait devant notre télé- et piétine un peu. Mais n'est-ce pas le propre des dépressifs ?"

 

La teneur globale des commentaires est positive, beaucoup d'entres eux, apprécient un casting inattendu.

 

Dans Les Cahiers du Cinéma, Clémentine Gallot, qualifie de "bonne idée" la rencontre entre "Catherine Deneuve fébrile" et "Gustave Kervern, lunaire". La réunion de ces deux comédiens aux profiles aussi différents séduit aussi Viviane Pescheux qui dans sur le site de Télé7jours se réjouit d'un tandem cocasse entre un gentil paumé et une grande comédienne au phrasé inimitable.

 

La palme de l'enthousiasme revient à Louis Guichart, critique à Télérama, celui-ci évoque "une beauté aérienne, funambule, irradiante, que le film finit par libérer... on ne sait comment".