En Bretagne, un pont construit pour les personnes handicapées demeure inaccessible
Lundi 18 Juillet 2011
Dans le Morbihan, en Bretagne, une passerelle est au centre de toutes les discussions. Le chantier entamé par le Conseil général a du être interrompu suite à une querelle de village. Les rampes d’accès n’ont pu être installés rendant impossible le passage des personnes à mobilité réduites.
Il y a de ces histoires qui font frémir les collectivités locales comme celle de Pont-Bubry, situé à la jonction entre Inzinzac-lochrist et Lanvaudan. Au cœur du débat, une passerelle situé sur un sentier emprunté fréquemment par les randonneurs et par des personnes à mobilité réduite. Construit à la base pour relier les deux berges et faciliter l’accès à des gîtes labélisés « Tourisme et Handicap », la passerelle n’a su tenir ses promesses. Les travaux ont dû être interrompus, et ce sont donc les rampes d’accès qui n’ont pu être installées de part et d’autres du pont. La raison de cet arrêt prématuré des travaux, provient de la zone géographique dans laquelle se trouve le passage.
Il s’agit d’un « commun de village », statut juridique particulier datant du moyen-âge, (très présent en Bretagne) qui concède une parcelle appartenant à tous les habitants d’un ou plusieurs villages et dont la gestion, l’exploitation se trouve être commune. Or sur ce commun de village, un exploitant agricole revendique un titre de propriété sur la terminaison de la passerelle et au-delà, bloquant ainsi les travaux. Comme le souligne Christine Bonglifio responsable des espaces naturels au Conseil général « si une personne s’oppose aux travaux, nous sommes dans l’obligation d’arrêter, c’est le propre d’un commun de village ».
Pour pallier cette interruption un comité d’anonyme a été mis en place afin d’œuvrer pour la reprise des travaux. L’une d’entre eux, Annick Salmont dénonce l’état actuel de cette affaire. « L’itinéraire est menacé à cause d’une personne qui confond un commun de village avec une propriété privée » a-t-elle déclarée. Des propos qui sont en contradiction avec l’exploitant agricole qui ne souhaite pas voir les travaux reprendre. Par conséquent, ce sont bien les gîtes et par ricochet les personnes à mobilité réduite qui risquent d’être lésées, si la situation qui vire au règlement de compte, ne se décante pas.
Eric Delsaut

