C’est une première dans l’histoire de la 5ème république, et cela n’était pas arrivé depuis 1848 : cet après-midi à 15h, le président de la République Nicolas Sarkozy s’exprimera devant les parlementaires des deux assemblées réunis en congrès au château de Versailles. 920 élus sont conviés mais tous les sièges ne seront pas occupés. Les verts et les communistes souhaitant ainsi faire part de leur opposition à cette prise de parole présidentielle qu’ils jugent illégitime. Le Parti Socialiste a choisi une option plus modérée : il écoutera le discours mais ne participera pas au débat qui s’en suivra, façon de protester contre le départ du chef de l’Etat après sa prise de parole. Même position pour le MoDem de François Bayrou.
Sur le fond, alors qu’il approche de la moitié de son mandat, Nicolas Sarkozy fera en quelque sorte un bilan d’étape et définira la trajectoire à suivre pour l’avenir. On attend notamment ses solutions pour sortir de la crise et rétablir les comptes de l’Etat.
Assurer la survie du système de retraites
Face au déficit chronique de la branche vieillesse de la sécurité sociale (7,7 milliards d’euros cette année selon les prévisions), il est urgent d’agir, personne ne dira le contraire. Cependant, à la moindre proposition les oppositions, syndicales notamment, reprennent le dessus. Faisant abstraction de tout cela, Nicolas Sarkozy devrait lever le tabou sur le départ à la retraite à 60 ans. Toutefois « il faut éviter de s’enfermer dans un débat idéologique sur les 60 ans » dit-on à l’Elysée. Tout de même, entre l’âge de départ légal, l’âge limite pour travailler (un recul à 67 ans est dans les cartons) et la question de la durée de cotisation… il y a de quoi s’emmêler les pinceaux. D’autant qu’il faut aussi s’atteler à une tâche bien plus compliquée : l’amélioration du taux d’emploi des séniors, très préoccupant.
La question de la pénibilité au travail est aussi posée : part-on à la retraite au même moment après 40 ans dans un bureau, 40 ans sur une chaîne de montage ou 40 ans à sauver des vies ? Sur ce point, les syndicats veillent au grain mais ils devront attendre : Nicolas Sarkozy a confié le dossier à François Fillon, meneur de la réforme des retraites de 2003.
Dépendance, 5ème risque, réforme des collectivités et questions d’actualité
Ce nouveau plan de sauvetage des retraites devra être fignolé rapidement. Il sera discuté avant les vacances en conseil des ministres pour un passage devant le parlement à la rentrée et une adoption début 2010. A ce moment là, le parlement commencera l’examen du projet de loi sur le 5ème risque. Il s’agit de la création d’une nouvelle branche de l’assurance maladie : la dépendance. Elle viendra s’ajouter aux branches famille, vieillesse, maladie et accidents du travail.
Pour faire des économies, l’Etat va aussi réformer sa façon de gérer les collectivités locales. A l’avenir les élus départementaux et régionaux devraient être regroupés, suite aux propositions du comité qu’avait présidé Edouard Balladur. Cela signifie que des sujets comme la solidarité passeraient sous l’égide du conseil régional, et non plus du conseil général des départements.
Enfin, la suppression de la taxe professionnelle, sa compensation par des aides aux collectivités, la promotion de la croissance verte, l’accompagnement du développement rural le port par les femmes du voile intégral (la burqua) et d’autres sujets comme la sécurité intérieure feront également partie du discours présidentiel. Nous publierons dès ce soir un compte rendu de ce discours sur vivrefm.com.
Comme un air de remaniement…
Après ce congrès qu’il a longuement préparé au point de ne pas assister à la fête de la musique hier soir, Nicolas Sarkozy peaufinera son nouveau gouvernement. Le remaniement sera annoncé ce soir ou demain., Il était nécessaire à cause du départ des ministres élus au parlement européen de Strasbourg le 7 juin dernier.
Si Michel Barnier et Rachida Dati quittent effectivement l’agriculture et la justice, Brice Horetefeux, élu en Auvergne, reste à la tête du ministère de l’emploi et de la soldiarité. Il sera toujours secondé de Valérie Létard dont les actions sont suivies de près et adoubées par le chef de l’Etat. Même si la rumeur a circulé, il n’est donc pas question d’un remplacement par le secrétaire national de l’UMP en charge du handicap, Gilbert Montagne.
Hasard du calendrier et étrange coïncidence, le chanteur a publié vendredi son tout premier communiqué de presse dans lequel il se félicitait de la décision de Valérie Létard d’imposer aux chaînes de télévision des quotas de programmes audiodécrits pour les personnes non-voyantes.
Olivier COLLET