Science et Conscience du 25/04/09
Science et conscience (par Jean- Louis Faure – Pour mieux connaître et comprendre le handicap, un parcours à travers la médecine, la sociologie, la statistique, la psychologie, la philosophie, dans un permanent souci de confrontation à l’ éthique).
Marie – Aline BLOCH, directrice scientifique de la Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie (CNSA), était la responsable principale du colloque organisé par la CNSA le 12 février 2009 sur le thème de l’évaluation de la situation et des besoins des personnes en perte d’autonomie, quel que soit leur âge ou l’origine de leur handicap. Elle revient sur ce thème complexe et nouveau pour expliciter les bases conceptuelles et réglementaires de la notion d’évaluation, apprécier les pratiques actuelles d’évaluation et indiquer les voies d’amélioration de ces pratiques.
La loi du 20 juillet 2001 relative à la prise en charge de la perte d’autonomie des personnes âgées et la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées introduisent la notion de compensation et appuient les droits ainsi définis sur l’évaluation des besoins individuels des personnes. Cette évaluation repose sur plusieurs principes : s’appuyant sur le projet de vie de la personne, elle place celle-ci au cœur du dispositif et suppose la libre expression de ses attentes, besoins et souhaits; prenant en compte l’ensemble des besoins de la personne dans son environnement, elle est multidimensionnelle; visant à élaborer un plan individualisé de compensation, elle est pluridisciplinaire. Face à ces exigences, quelle est la réalité des pratiques d’évaluation ? La CNSA a commandité une étude de terrain auprès de divers acteurs locaux. Cette étude fait apparaître une grande diversité de pratiques et montre les domaines sur lesquels il faut progresser. Une autre question importante est celle de la perception qu’ont les usagers du processus d’évaluation qui leur est appliqué. Une seconde étude menée à la demande de la CNSA montre que les usagers ont peu de visibilité sur ce processus et sont rarement dans une posture d’acteurs. Là encore, bien des progrès sont à réaliser.
