Science et Conscience du 28/02/09

Science et conscience (par Jean- Louis Faure – Pour mieux connaître et comprendre le handicap, un parcours à travers la médecine, la sociologie, la statistique, la psychologie, la philosophie, dans un permanent souci de confrontation à l’ éthique).

Le Docteur Pierre VERGER, directeur des études de l’Observatoire régional de la santé de Provence Alpes Côte d’Azur et chercheur à l’INSERM, nous parle du rôle des médecins généralistes dans l’accès aux soins des personnes handicapées.

Les personnes handicapées présentent davantage de problèmes de santé que celles ne souffrant pas d’un handicap, car aux pathologies classiques qui concernent tout le monde s’ajoutent les problèmes de santé liés à leurs besoins spécifiques et les pathologies associées à leur handicap. Le médecin généraliste de ville constitue souvent leur premier interlocuteur dans leur démarche d’accès aux soins. Son rôle est donc très important. Une enquête a été réalisée en novembre 2002 auprès d’un panel de 600 médecins généralistes libéraux exerçant en Provence Alpes Côte d’Azur sur leurs pratiques de prise en charge des personnes handicapées. Pierre VERGER nous en présente les résultats.

Il apparaît que le rôle du médecin généraliste dépasse l’aspect médical : 80 à 90% des médecins ont déclaré jouer un rôle dans la prise en charge sociale (conseiller de la famille, démarches administratives, défense des droits) et dans la coordination des divers intervenants. Dans ce contexte d’accompagnement élargi, les médecins ont fréquemment déclaré rencontrer des obstacles : manque d’information, de formation, de temps lors de la consultation, de coordination avec divers intervenants, problèmes de communication avec les patients, mais aussi malaise ressenti envers les personnes handicapées ( 8% vis-à-vis des personnes handicapées physiques, 22% vis-à-vis des personnes handicapées mentales). Il s’ensuit des pratiques de prise en charge parfois inadéquates. Notamment, les médecins généralistes mettent moins souvent en œuvre des pratiques de prévention pour les personnes handicapées qu’en population générale. Une étude particulière menée sur le dépistage du cancer du sein donne des résultats éclairants :
près de 28% des médecins interrogés ont déclaré réaliser moins fréquemment ce dépistage chez les patientes handicapées que chez les autre patientes. Ce constat conduit à préconiser un renforcement important de la formation des médecins généralistes concernant la prise en charge des personnes handicapées et un développement du travail en réseau avec les divers professionnels de santé.

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