Science et Conscience du 31/01/09
Science et conscience (par Jean- Louis Faure – Pour mieux connaître et comprendre le handicap, un parcours à travers la médecine, la sociologie, la statistique, la psychologie, la philosophie, dans un permanent souci de confrontation à l’ éthique).
Eric PLAISANCE, sociologue, ancien professeur à l’Université Paris Descartes, chercheur au Centre de recherche sur les liens sociaux, est un spécialiste reconnu des questions de scolarisation des enfants handicapés.
La loi du 30 juin 1975 reconnaît le principe de " l’obligation éducative "
pour les enfants handicapés. La loi du 11 février 2005 va plus loin en affirmant que la règle est la formation scolaire des enfants handicapés, sous le thème général de l’accessibilité. Mais cette scolarisation de droit commun continue à faire débat et à rencontrer des obstacles. Eric PLAISANCE nous aide à comprendre ces difficultés et trace des pistes pour les dépasser.
En France, l’histoire de l’éducation destinée aux enfants handicapés est fondamentalement une histoire de la séparation de l’éducation " spéciale "
par rapport aux circuits réguliers de l’éducation. Cette séparation est structurée en des ensembles institutionnels dépendant de ministères différents et un " mur invisible " sépare l’école du monde " médico-social ". La politique d’intégration scolaire a été formulée au début des années 80. Mais elle est restée ambiguë, l’intégration renvoyant à des démarches d’assimilation de personnes extérieures ou se traduisant par des regroupements dans des classes spécifiques. Bien des pays étrangers et les organisations internationales se réfèrent plutôt à la notion d’inclusion, qui exprime l’idée que les élèves handicapés sont des membres à part entière de la communauté scolaire. Ils ont des " besoins éducatifs particuliers ".
La réponse exige un double décentrage : d’une part s’interroger sur les besoins plutôt que lister les déficits, d’autre part se dégager d’un modèle médical pour s’inscrire dans une perspective résolument éducative.
Sans reprendre le terme d’inclusion, l’inscription de tout enfant handicapé dans l’école ordinaire, si possible de son quartier, posée par la loi de 2005, relève de ce principe. Pour réussir, des transformations culturelles sont nécessaires. Elles impliquent des changements des représentations, la compréhension qu’il faut conjuguer les aides individualisées et l’organisation d’un cadre pédagogique permettant de gérer la diversité, le développement d’une culture de la coopération au sein des établissements scolaires et avec les établissements médico-sociaux, une mutation de la formation des maîtres, etc.
