Les personnes handicapées en 1ère ligne de la manifestation du 29 janvier.

Ce jeudi 29 janvier, entre 1 et 2,5 million de personnes sont descendues dans le rues de 200 villes pour réclamer des mesures au gouvernement sur l’emploi et les salaires. Et parmi eux, pour la première fois : des personnes handicapées, les membres du collectif « Ni Pauvres Ni Soumis ».

En tête de manifestation, devant la grande banderole affichant les revendications et au coté des leaders syndicaux, le président de l’APF, Jean Marie Barbier, était bien visible avec son fauteuil roulant. Il avait obtenu des syndicats sa place en tête de cortège afin de faire entendre les revendications des personnes handicapées, sommes toutes assez proches de l’objectif initial du cortège. A savoir : une meilleure rémunération, des aides a l’insertion professionnelle et plus de considération.

« Les personnes en situation de handicap sont souvent parmi les plus défavorisées, que rien n’avance pour elles, et qu’en temps de crise ce sont les premières à trinquer. Alors maintenant, j’espère que les français vont nous regarder d’un autre œil au fil du temps, que ça va continuer à s’améliorer et que ça paraisse normal de nous voir au milieu des autres citoyens quand c’est nécessaire ».

Au total, ils étaient une petite centaine à avoir fait le déplacement dans les rues de la capitale, sans compter les relais en province. Affublés de couvertures de survie pour ne pas avoir froid et avec des K-Way jaunes, couleur phare de « Ni Pauvres Ni Soumis ». Et ce n’est sans doute pas la dernière fois que l’on voit des personnes handicapées dans les grands rendez-vous de contestation populaire. Benard Thibaut, le secrétaire général de la CGT explique que « le réseau d’associations ni pauvres ni soumis est le bienvenu pour dire ce qu’est la réalité des salariés au travail ou privés de travail, voire défendre des revendications spécifiques. Et parmi les salariés il y a notamment les salariés handicapés pour lesquels les politiques d’entreprise et les mesures d’ordre public ne sont pas adaptées ».. Désormais poursuit-il, les personnes handicapées auront leur place dans les rangs des défilés dès lors qu’ils sont disposés à accorder leur contribution « à des mobilisation sociale dans lesquelles elles se retrouvent ». Il termine en faisant un mea culpa « Nous savons que nous syndicats, avons encore beaucoup à progresser sur notre aptitude à défendre des revendications communes à tous les salariés mais aussi à intervenir sur chaque situation spécifique pour chaque catégorie de salariés ».

Les personnes handicapées n’auront peut-être pas gain de cause immédiatement dans leurs revendications, mais ils auront au moins gagné un soutien supplémentaire.

(Reportage : Estelle BOGROS, Olivier COLLET, Clément PETIET – Crédits photo : Clément PETIET – Vivre FM)

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