Pile et Face du 30/11/08
17h07 Pile et Face (Richard Anou vous fait partager sa passion de la musique avec ses invités)
James Davis
Big James Montgomery a grandi dans le ghetto de Chicago, où comme tous les gamins il écoutait la black music du moment, assénée avec fougue par des groupes comme le célèbre Funkadelic de George Clinton, les Ohio Players, Kool & the Gang… Après s’être essayé à la guitare il se rend compte qu’il est attiré par les cuivres et se met à écouter les trombonistes de jazz. C’est l’harmoniciste Billy Branch qui lui met le pied à l’étrier en l’invitant à se joindre régulièrement aux Sons Of Blues avec son trombone. À 19 ans il est engagé au côté de Little Milton avant de rejoindre les tournées du chitlin’ circuit avec Albert King et Buddy Guy. En 88 James intègre le groupe du chanteur Little Johnny Christian jusqu’à la mort de ce dernier : les Chicago Playboys, l’orchestre maison du Checkerboard Lounge. Il aura l’occasion d’accompagner tout ce que la ville de Chicago compte de bluesmen et de blues women : Junior Wells, Koko Taylor, Little Smokey Smothers et tant d’autres. Au cours d’une jam session, il se met au chant à la suite d’un pari avec un ami. La boucle est bouclée. Il est alors remarqué par le guitariste le plus respecté de Chicago : Otis Rush, qui l’engage. Mais c’est Buddy Guy qui lui fera connaître les plus grandes scènes mondiales. Aujourd’hui, Big James & the Chicago Playboys est l’une des formations phares du Chicago blues : James Montgomery au trombone et au chant, Charlie Kimble au saxophone, Michael Wheeler à la guitare, Joe Blocker aux claviers, Melvin Smith à la basse, et Cleo Cole à la batterie. À ce jour Big James et ses Chicago Playboys ont enregistré 4 albums pour Jamot Records: »If It Wasn’t 4 Da Blues », »Funky Blues », »Now You Know » et l’excellent »Thanks God I Got The Blues ». Leur musique est un mélange de blues profond et urbain, de soul du chitlin’ circuit et de funk débridé. Ils remettent à l’honneur les cuivres dans le blues et montre que la puissance de celui-ci n’est pas qu’une affaire de volume de l’ampli guitare et qu’en mélangeant blues et funk ils remettent à l’honneur le blues dans la black music contemporaine. Mais le meilleur argument reste celui-ci : sur scène, ça déménage comme jamais.
