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Mercredi 02 Novembre 2016 - 17h07

Littérature

"Un fauteuil (roulant) pour deux". Un récit déjanté sur les aidants familiaux. Désopilant et bouleversant.

A 25 ans, Dan Marshall choisit de quitter Los Angeles pour rentrer à Salt Lake city et s’occuper de son père atteint d’une maladie évolutive (la SLA) et de sa mère malade du cancer. Sur la base de ce récit tragique, Dan Marshall réussit à faire rire pendant 400 pages.

Dan Marshall (Photo Sharon Suh)
Dan Marshall (Photo Sharon Suh)

C’est à partir de sa véritable histoire, qu’il avait d’abord publiée par épisode sur Facebook, que Dan Marshall a écrit « Un fauteuil (roulant) pour deux ». Quand le diagnostic de Sclérose latérale amyotrophique (SLA) aussi appelé maladie de Lou Gehrig est posé pour son père, il quitte la Californie et ses palmiers pour rentrer s’occuper de ses parents à Salt Lake City. Il faut dire sur le sort semble s’acharner sur la famille Marshall : sa mère est, elle, atteinte d’un cancer et vit au rythme des chimiothérapies depuis des années.

"Putain de merde, la maison ne ressemble plus à rien"

Aussi, quand il pousse la porte de la maison familiale, la maladie a déjà plombé l’ambiance. Extrait :

« -Où est papa ? Je pensais qu’il m’accueillerait avec un verre de vin.

- Il est branché sur son ventilateur. Et il ne boit plus. On le nourrit et on lui donne de l’eau à travers sa sonde. Tu as oublié ?

- Putain de merde la maison ne ressemble plus à rien »

Avec son frère homo, ses trois sœurs adolescentes et sa mère dont un mot prononcé sur deux est un juron, la famille de Dan tente de faire face à la maladie de Bob. Dans cette ville de l’Utah, capitale des Mormons et du puritanisme, le style de vie des Marshall fait tache. Mais devant les problèmes qui s’amoncèlent (l’ascenseur n’est pas prêt à temps, les chats du petit copain de la cadette pissent sur les moquettes, le respirateur artificiel tombe en panne, la mère perd la tête à cause des traitements anti-cancéreux …) le petit groupe, entre deux injures, va se ressouder autour de Bob. Le narrateur, Dan, calme ses angoisses à la bière et à la masturbation, pendant que sa mère se gave de médicament et que les filles sortent avec leurs petits copains du moment, mais au moment où il faut être là, tout le monde se retrouve.

Une famille singulière

Peu à peu, au fil du récit, se dessine une famille empêtrée dans l’impossibilité de faire face à une maladie qui envahit tout. De désespoir, les protagonistes finiront par hurler un « merde à la maladie de Lou Gehrig » quand la situation deviendra trop compliquée.

Derrière les abus d’alcool, le sexe d’un soir, l’absurdité de la situation, l'auteur décrit la vie quotidienne d'une famille singulière avec une personne handicapée par la maladie qui avance. La dégradation de toute la maison va de paire avec le renforcement des liens familiaux.

Au final on prend un plaisir fou à rire et à s’émouvoir à la lecture de ce récit aux relents de Bukowski, ou de Woody Allen. Marshall finit par toucher profondément le lecteur parce qu'il raconte aussi comment la maladie nous ramène à l'essentiel : l'amour.

Un fauteuil (roulant) pour deux

Dan Marshall

Traduit de l'anglais (USA) par Jean Esch

Editions Kero

19,90 €, 448 pages

Vincent Lochmann

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"Un fauteuil (roulant) pour deux". Un récit déjanté sur les aidants familiaux. Désopilant et bouleversant.

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